Oui, oui, vous avez bien lu. Au cas où vous vous poseriez encore la question, la courtoisie existe. Et si, tout adepte des préceptes d'une certaine Nadine de R. que vous soyez, votre trajet dans les transports en commun ce matin a pu vous en faire douter, les juges sont là pour vous rassurer.
Aucune disposition concernant l’obligation de courtoisie n’est prévue en droit. Toutefois, dans une décision du 8 juin 2005, le Conseil d’Etat a affirmé qu’un agent de la fonction publique se devait d’informer sa hiérarchie s’il se portait candidat à un concours ou à emploi le rendant susceptible de quitter le service, au titre des règles de courtoisie devant présider aux relations entre les fonctionnaires ou militaires de l’administration.
La Cour de justice des communautés européennes avait, quant à elle, donné une définition plus étendue de la courtoisie dans un arrêt du 12 décembre 2000. Il avait établi que « le comportement impulsif et irrespectueux du requérant à l’occasion d’une réunion de travail démontre un manque évident de courtoisie, nécessaire dans toutes les relations humaines ».
La référence à la notion de courtoisie, si singulière soit-elle, renvoie assurément à des standards de comportement que le juge emploie de façon peut-être audacieuse mais vraisemblablement pragmatique. On peut donc sourire à la lecture de telles décisions, il n’en reste pas moins que leur efficacité résulte de l’emploi d’une notion peut-être désuète mais comprise par tous.
Aussi, prenez garde de ne pas omettre de saluer votre boulanger ou de tenir la porte de l’immeuble à votre voisin de palier. Qui sait, vous pourriez bien être pris en flagrant délit de défaut de courtoisie !
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